UN SANCTUAIRE POUR HIPPOPOTAME

Un périmètre de 518 km pour protéger les hippopotames 

La question de la conservation de la nature liée à la construction du barrage de Kandadji constitue une préoccupation véritable pour le Niger. En effet, l’Etude d’impact environnemental et social détaillée du Programme Kandadji réalisée en 2006, actualisée en 2012 puis en 2018 a fait ressortir, entre autres impacts majeurs, la perte de la Zone d’importance pour la conservation des oiseaux (ZICO) d’Ayorou, la réduction des mouvements des poissons à migrations longitudinales et des espèces fauniques emblématiques, comme  l’hippopotame, le lamantin d’Afrique, les loutres, etc.

C’est dans cette optique et pour bonifier les impacts du barrage, en plus de la réalisation de la passe à poisson, que le Programme Kandadji de Régénération des Ecosystèmes et de Mise en valeur de la Vallée du Niger (P-KRESMIN)a inscrit en collaboration avec le ministère en charge de l’Environnement, la création d’une aire protégée qui intègre les zones insulaires disséminées au sein du réservoir et la zone de confluence entre le Gorouol avec le fleuve Niger (flanc droit), au niveau de laquelle une presqu’île sera instituée après le remplissage du réservoir.

Cela fait partie des prédispositions répondant aux impératifs pour la sauvegarde des ressources naturelles en danger.

En raison de sa position dans la chaîne trophique, la faune sauvage est en effet très sensible aux modifications qui surviennent dans son habitat. Le milieu demeure très fragile et une quelconque perturbation générée par une activité humaine non raisonnée, pourrait avoir des conséquences néfastes et parfois irrémédiables.

La situation est d’autant plus grave que les populations qui, depuis toujours, apprécient la faune sauvage pour des raisons d’ordre nutritionnel et culturel, exercent sur elle, aujourd’hui, une pression dont les conséquences sont le plus souvent négatives et d’innombrables conflits entre l’homme et la faune sauvage sont observés dans la zone d’Ayorou.

En janvier 2014 déjà, un forum national sur la gestion durable des hippopotames au Niger s’est tenu à Tillabéri, avec pour objectif de concilier les actions de développement économique et social des communautés locales en cohérence avec la gestion durable des ressources naturelles du fleuve Niger en général et des hippopotames en particulier. cela a permis de jeter les bases d’une cohabitation harmonieuse entre l’homme et les hippopotames.

D’ailleurs, c’est dans cette localité que le ministère de l’Environnement et du Développement durable a organisé en  juin 2015, l’atelier de validation du projet de décret portant classement de l’aire protégée et du sanctuaire des hippopotames.

La création de cette aire protégée par les classements de la  «Réserve nationale naturelle de Kandadji» (RNNK) et de la Réserve intégrale dite «Sanctuaire des hippopotames» à travers les décrets N°2017-630/PRN/ME/DD et N°2017-629/PRN/ME/DD pris en Conseil des ministres, le 20 juillet 2017, contribue à améliorer la performance environnementale du Programme Kandadji.

Le sanctuaire des hippopotames s’étend sur un périmètre de 518 km et une superficie de 1 206 471 ha. Elle permettra la conservation de la faune et des habitats naturels, avec un accent particulier sur la préservation de la diversité biologique à travers la sauvegarde des espèces intégralement protégées (hippopotames, lamantins, loutres, etc.), la promotion des services éco-systémiques, la recherche scientifique, le développement des activités écotouristiques et l’atténuation des conflits Hommes/Hippopotames.

Ce sanctuaire dispose d’une triple fonction : préserver les hippopotames ; faciliter la recherche scientifique et apaiser les tensions les conflits récurrents Hommes/Hippopotames dans la zone.

Le programme Kandadji a financé à hauteur de 40 millions de francs CFA le processus de classement de cette réserve, conformément à la feuille de route de classement élaborée en 2014 par le comité ad hoc national chargé du classement.

D’ores et déjà, l’Agence du Barrage de Kandadji et ses partenaires techniques et financiers sont à pied d’œuvre pour rendre opérationnelle cette réserve en facilitant l’installation de l’Unité de gestion notamment.

Ecrit par Agali Bohari AGOUZOUM

Expert en Environnement

à la Direction Sauvegarde Environnementale et Sociale

Archives Kandadji 2020

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